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Pourquoi voit-on des renards partout au Japon ? Kitsune, Inari et lieux à voir

Pagode japonaise et torii rouge emblématique en automne. Un chemin mène à travers des arbres flamboyants vers un paysage brumeux.

Si vous voyez des renards partout au Japon, ce n’est pas un hasard : le renard, ou kitsune, est le messager d’Inari, la divinité du riz et de la prospérité. On le retrouve en statue de pierre devant des dizaines de milliers de sanctuaires, en masque dans les fêtes, en ema dans les temples et même dans l’assiette.

Je vous explique ici d’où vient ce renard, comment lire les statues que vous croiserez, et surtout où le voir pendant votre voyage, du Fushimi Inari de Kyoto aux renards bien vivants de Hokkaido. Une loutre qui parle de renards, oui, mais entre animaux voyageurs on se comprend.

L’essentiel à retenir

  • Le kitsune n’est pas un dieu : c’est le messager d’Inari, kami du riz, des récoltes et du commerce.
  • Le Fushimi Inari Taisha de Kyoto est le sanctuaire principal, à la tête d’environ 30 000 sanctuaires Inari dans tout le pays.
  • Les objets dans la gueule des statues (clé, joyau, rouleau, épi de riz) ont chacun un sens.
  • Les renards sauvages de Hokkaido sont superbes, mais on ne les touche pas et on ne les nourrit jamais.

Pourquoi le renard est-il sacré au Japon ?

Tout part du riz. Dans le Japon agricole, le renard chassait les rongeurs qui s’attaquaient aux greniers et aux rizières. Un allié précieux, qui apparaissait souvent en lisière des champs au moment des récoltes. De là à en faire l’envoyé d’Inari, divinité des moissons, il n’y avait qu’un pas.

Avec le temps, Inari est aussi devenu le kami du commerce et de la réussite. C’est pour ça que vous verrez des petits autels Inari sur les toits d’immeubles de bureaux, au fond des ruelles marchandes ou à côté des parkings. Les entreprises japonaises y viennent prier pour leurs affaires.

Une confusion revient sans cesse chez les voyageurs : on prie Inari, pas le renard. Le kitsune est le gardien et l’intermédiaire. Si le sujet vous intéresse, j’ai écrit un guide sur les religions au Japon qui remet le shintoïsme et ses kami à plat.

Kitsune : le renard des légendes japonaises

Dans le folklore, le kitsune est bien plus qu’un animal. C’est un être magique capable de se transformer, souvent en belle jeune femme, pour aider ou pour jouer des tours aux humains. Les récits le montrent tantôt bienveillant, tantôt farceur.

Plus un kitsune vieillit, plus il gagne en sagesse et en pouvoir, et plus il a de queues. Le sommet, c’est le kyūbi no kitsune, le renard à neuf queues, qu’on croise aujourd’hui dans une foule de mangas et de jeux vidéo.

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La tradition distingue deux familles. Les zenko, renards « bons », liés à Inari et protecteurs. Les yako, renards « des champs », plus malicieux, accusés dans les vieilles histoires de posséder les gens. Les statues des sanctuaires représentent évidemment les premiers.

Bon à savoir : le renard voyageur a conquis bien au-delà du Japon. Il est devenu un symbole de curiosité et d’aventure un peu partout, jusqu’au nom de certains blogs voyage. Je pense par exemple à Fox Voyage, où je pioche régulièrement des idées de destinations quand je ne suis pas en train d’arpenter l’archipel.

Comment lire les statues de renards dans les sanctuaires

Les renards de pierre vont presque toujours par paire, de chaque côté de l’entrée ou de l’autel. Regardez ce qu’ils tiennent dans la gueule ou sous la patte, chaque objet a sa signification :

  • Une clé : celle du grenier à riz, symbole de l’abondance à protéger.
  • Un joyau (hōju), souvent rond et pointu : l’esprit d’Inari et le pouvoir d’exaucer les vœux.
  • Un rouleau : la sagesse, ou un message divin.
  • Un épi de riz : la récolte, tout simplement.

Beaucoup de statues portent aussi un bavoir rouge (yodarekake). Le rouge vermillon, la même couleur que les torii, est réputé chasser les mauvais esprits. Ces bavoirs sont des offrandes, remplacées par les fidèles.

Autre détail qui me fait toujours sourire au Fushimi Inari : les ema en forme de tête de renard. Ce sont des tablettes de bois triangulaires, blanches, sur lesquelles on écrit son vœu au dos et on dessine le visage du renard sur l’avant. Certains en font de vrais petits chefs-d’œuvre, d’autres des renards franchement inquiétants. Allez voir le mur où ils sont accrochés, ça vaut le détour.

Où voir des renards au Japon ?

Fushimi Inari Taisha, à Kyoto

C’est LE sanctuaire du renard. Le Fushimi Inari Taisha est le siège de tous les sanctuaires Inari du pays, et il est célèbre pour ses milliers de torii vermillon (on parle d’environ 10 000) qui grimpent sur le mont Inari. Chaque torii est un don, souvent d’une entreprise, dont le nom est gravé au dos.

L’accès est simple : la gare JR Inari est à quelques minutes de Kyoto en train, juste en face de l’entrée. Le sanctuaire est gratuit et ouvert en permanence. La boucle complète jusqu’au sommet demande 2 à 3 heures de marche avec pas mal de marches.

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Mon conseil : venez tôt le matin ou en fin de journée. Vers 10 h, les premières centaines de mètres de torii ressemblent à un couloir de métro. Montez au moins jusqu’au carrefour de Yotsutsuji, à mi-chemin : la foule fond, la vue sur Kyoto s’ouvre, et les renards de pierre sont partout. J’ai rassemblé d’autres astuces dans mon article pour éviter la foule au Japon.

Le Fushimi Inari tient facilement dans une matinée si vous suivez mon itinéraire de 4 jours à Kyoto. Infos officielles (horaires des prières, fêtes) sur le site du Fushimi Inari Taisha.

Oji Inari, à Tokyo

Pas le temps d’aller à Kyoto ? Le quartier d’Oji, au nord de Tokyo, a son sanctuaire Inari lié à une vieille légende : les renards de la région s’y rassemblaient la nuit du Nouvel An. Chaque 31 décembre au soir, les habitants rejouent ce rassemblement lors d’une parade où les participants portent des masques ou maquillages de renard. Si vous êtes à Tokyo pour le réveillon, c’est une sortie originale.

Toyokawa Inari, dans la préfecture d’Aichi

Ici, surprise : Toyokawa Inari est en réalité un temple bouddhiste, qui vénère une divinité associée au renard. Sa colline des renards, le Reiko-zuka, rassemble des centaines de statues serrées dans un sous-bois. L’ambiance est plus calme et un peu mystérieuse. Il est facile à caser sur un trajet entre Tokyo et Kyoto, avec un petit détour depuis Toyohashi.

Zao Fox Village, près de Sendai

Le Zao Kitsune Mura (préfecture de Miyagi) est un parc où vivent en semi-liberté une centaine de renards de plusieurs espèces. Les photos sont adorables et le lieu est très populaire sur les réseaux.

Je vous dois de l’honnêteté : ce parc divise les voyageurs, certains trouvant les conditions de vie des animaux discutables. On ne peut pas caresser les renards librement, et il faut respecter à la lettre les consignes du personnel. Faites-vous votre propre avis avant d’y aller, les infos pratiques sont sur le site du Zao Fox Village.

Les renards sauvages de Hokkaido

Le vrai coup de cœur, pour moi, c’est le renard roux de Hokkaido (kita kitsune), au pelage flamboyant l’hiver sur fond de neige. On en croise sur les routes et dans les parcs naturels, notamment dans la péninsule de Shiretoko. Je vous parle de la région dans mon guide sur Hokkaido et le nord du Japon.

Attention : ne nourrissez jamais un renard sauvage et ne le touchez pas. À Hokkaido, les renards peuvent porter un parasite (l’échinocoque) transmissible à l’homme. Le nourrir les habitue aussi aux routes, où beaucoup finissent percutés. Photo de loin, et c’est tout.

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Le renard jusque dans l’assiette

La légende veut que le kitsune raffole de l’aburaage, le tofu frit. On en dépose d’ailleurs en offrande dans certains sanctuaires. Cette gourmandise a donné son nom à deux plats que vous verrez sur toutes les cartes :

  • Kitsune udon : un bol de nouilles udon en bouillon, surmonté d’une grande tranche de tofu frit sucrée-salée.
  • Inarizushi : du riz vinaigré glissé dans une petite poche de tofu frit. Pratique, pas cher, parfait pour un pique-nique sur le chemin des torii.

Autour du Fushimi Inari, les petits restaurants en servent à chaque coin de rue. Attention au bouillon dashi à base de poisson si vous ne mangez pas d’animaux : je détaille ces pièges dans mon article pour manger végétarien au Japon.

Masques de renard et souvenirs

Le masque de renard (kitsune men), blanc avec des motifs rouges et dorés, est un grand classique des fêtes de quartier et des matsuri d’été. Vous en trouverez sur les stands des rues commerçantes menant aux sanctuaires, en version papier mâché artisanale ou plastique pour quelques centaines de yens.

Côté souvenirs, les omamori (amulettes) des sanctuaires Inari et les petits renards en céramique font de jolis cadeaux. Et l’ema renard, que vous pouvez aussi garder au lieu de l’accrocher, reste mon préféré.

Questions fréquentes

Que signifie le renard au Japon ?

Le renard (kitsune) est le messager d’Inari, divinité shinto du riz, de la fertilité et de la prospérité. Il symbolise la protection des récoltes et la réussite. Dans le folklore, c’est aussi un être magique capable de se métamorphoser.

Où voir le plus de statues de renards au Japon ?

Le Fushimi Inari Taisha à Kyoto est le lieu incontournable, avec des renards de pierre tout au long du sentier des torii. La colline Reiko-zuka du Toyokawa Inari, dans la préfecture d’Aichi, rassemble aussi des centaines de statues.

Pourquoi les renards des sanctuaires portent-ils un bavoir rouge ?

Le bavoir rouge est une offrande des fidèles. La couleur vermillon, la même que celle des torii, est censée éloigner les mauvais esprits et attirer la protection de la divinité.

Peut-on toucher les renards au Japon ?

Non pour les renards sauvages, notamment à Hokkaido, à cause des risques sanitaires et pour leur sécurité. Au Zao Fox Village, les contacts sont strictement encadrés par le personnel.

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